Séminaire 13 décembre 2017

MÉTÉOROLOGIE DE L’ESPACE
Intervenants : Patrick Michel et Thierry Dudok de Wit

Organisateurs : Jean-Claude Vial (IAS, Université Paris Sud) et Annick Jacq (Directrice du Centre d’Alembert)

 

Mercredi 13 décembre 2017
de 13h30 à 15h30

Centre Scientifique d’Orsay, IAS,
Bâtiment 121, Rue J-D. Cassini, Salle 1-2-3, 1er étage.
Accès : RER B direction St-Rémy-lès-Chevreuse – gare d’Orsay-Ville
Entrée libre

 

Dr. Patrick Michel, Directeur de Recherches au CNRS, Responsable de l’équipe « Théories et Observations en Planétologie », Université Côte d’Azur, Observatoire de la Côte d’Azur, CNRS, UMR 7293 Lagrange

La Terre sous la menace des pierres célestes : prédire et prévenir

Dans sa première phase, il y a environ 4,567 milliards d’années, notre Système Solaire était constitué d’une étoile centrale, notre Soleil, autour de laquelle évoluait un disque de gaz et de poussières. Les collisions entre ces poussières ont permis l’agglomération de corps de plus en plus gros, aboutissant à la formation de nos huit planètes. La présence de ces planètes massives a augmenté les vitesses d’impacts entre les corps restants et une phase de collisions destructrices a débuté, dans laquelle nous évoluons toujours. Les premiers impacts majeurs ont laissé des traces visibles, comme la Lune, produite par un impact géant avec notre Terre à la fin de sa formation, et les cratères à sa surface, témoins des impacts accumulés durant les 4 derniers milliards d’années. Les petits corps (astéroïdes, comètes), qui ont survécu à ce passé lointain et qui constituent la source de ces impacts sur les planètes, continuent à évoluer, se détruire et, de par leurs petites tailles (inférieure à 1000 km), ils peuvent nous renseigner sur la composition initiale du Système Solaire à partir de laquelle se sont formées nos planètes. Comment les étudie-t-on et quel risque représentent-ils pour l’humanité à plus ou moins long terme? Sont-ils nos amis ou nos ennemis, et quelles sont les mesures prises pour nous en protéger? La compréhension du rôle (bénéfique ou destructeur) et des propriétés de ces petits corps dans des conditions de gravité bien différentes de celle de la Terre ainsi que leur étude pour faire face au risque que certains représentent, constituent un défi scientifique passionnant et majeur. De plus, comme la conférence l’expliquera, ils constituent un risque naturel réel mais le moins probable parmi tous les autres risques auxquels l’humanité doit faire face (tsunamis, tremblement de terre, etc). Cependant il est à haute conséquence et surtout, il s’accompagne d’un message très positif : c’est un risque que l’on peut prédire et éviter, avec des solutions raisonnables qui nécessitent seulement d’être mises en œuvre et/ou testées.Notre connaissance actuelle et les actions envisagées pour les explorer et s’en protéger seront présentées. Les aventures spatiales vers les petits corps, véritables aventures à la Indiana Jones, fascinent le public et les jeunes en quête d’inspiration, contribuant à leur donner le désir de connaître et comprendre. Les images fascinantes et riches d’enseignement que les missions spatiales vers quelques petits corps nous ont renvoyées, les défis qu’ils représentent et les projets de missions spatiales actuels pour les explorer et faire face à ce risque seront exposés.

 

Thierry Dudok de Wit, Enseignant-chercheur à l’université d’Orléans, Observatoire des Sciences de l’Univers en région Centre

La Terre sous les feux du Soleil

Le Soleil a longtemps été un symbole d’immuabilité. Il aura fallu attendre l’ère spatiale et le lancement des premiers satellites pour réaliser que notre astre est loin d’être si calme. Il subit même régulièrement des sautes d’humeur violentes qui libèrent d’énormes quantités d’énergie et viennent affecter notre environnement terrestre.

Aujourd’hui, dans une société toujours plus tributaire de la technologie, ces perturbations d’origine solaire sont devenues un réel enjeu économique et sociétal. Elles affectent notamment le fonctionnement et l’orbite des satellites, la communication sol-satellite (et donc le positionnement par GPS), et constituent aussi un risque pour la santé des astronautes et du personnel navigant, la distribution de l’électricité au sol… et in fine influencent le climat terrestre.
Même si les plus grosses perturbations solaires sont rares, nous savons pertinemment que l’une d’elles pourrait un jour avoir un impact majeur sur Terre, telle une crue centennale.
Dans les années 1990 est ainsi née une nouvelle discipline, appelée météorologie de l’espace. Elle associe l’étude scientifique fondamentale du couple Soleil-Terre avec des aspects très concrets tels que des services de prévision opérationnels.

Après un petit panorama de l’activité solaire et de ses diverses manifestations, nous verrons qui est impacté, et quels sont les risques. Tout n’est pas que danger : les aurores polaires sont aussi une manifestation d’activité solaire, pour le plus grand bonheur des yeux.

NB : Nous vous invitons à consulter notre site Internet avant chaque séance, des modifications de dernière minute pouvant intervenir dans la programmation.

Décès de Jean-Pierre Kahane

C’est avec beaucoup de tristesse que nous venons d’apprendre le décès de
Jean-Pierre Kahane, mercredi 21 juin, à 90 ans.

Professeur émérite à l’Université Paris-Sud, Jean-Pierre était un grand mathématicien, membre de l’Académie des Sciences, très attentif à l’enseignement des mathématiques et à leur place dans la culture. C’est au cours de sa présidence de l’Université Paris-Sud, entre 1975 et 1978, que le Centre d’Alembert (à l’époque « Centre interdisciplinaire d’étude de l’évolution des idées, des sciences et des techniques ») a été fondé à l’initiative d’Ernest-Marie Laperrousaz. Depuis sa fondation, Jean-Pierre Kahane a été particulièrement attaché au Centre et à sa vocation d’ « étude interdisciplinaire » de toute question concernant les idées, les sciences et les techniques. Fidèle à la tradition des lumières, il concevait le scientifique comme un humaniste, ouvert au monde et engagé dans la société, un intellectuel au sens le plus noble de ce terme. Il participa pendant de nombreuses années aux réunions annuelles d’orientation, et surtout aux séances du séminaire comme aux journées du colloque organisées par le Centre. Il a continué à suivre ce qui s’y passait même lorsqu’il ne lui était plus possible de venir à Orsay.
C’est donc un grand animateur du Centre que nous venons de perdre.

Annick Jacq, Directrice du Centre d’Alembert
Jean-Louis Martinand, Professeur émérite ENS Cachan, Président du Centre d’Alembert

 

Colloque SCIENCES ET INDUSTRIES

Colloque organisé par le Centre d’Alembert
les 15 et 16 mai 2013

affiche projet 2013.A4 Cette année 2013, le Centre d’Alembert s’interroge sur les relations entre sciences et industries, dans le contexte de restructurations de la recherche et de l’enseignement supérieur, de mutations de l’industrie en France et ailleurs et de questionnements sur l’innovation, ses promesses, ses incertitudes et ses risques.

Le premier objectif du colloque est de définir et d’éclaircir ce que l’on entend par les mutations et l’organisation de l’industrie en France aujourd’hui pour en poser les rapports science-industrie, les relations avec la recherche. Il nous faut réfléchir aux changements institutionnels, territoriaux, disciplinaires dans l’enseignement supérieur en lien avec les évolutions des processus d’innovation technique et industrielle aujourd’hui, et en interrelation avec les développements scientifiques et technologiques.

Nous devons aussi cerner les images que nous nous faisons-nous d’une science tournée vers l’industrie. Des mises en perspectives historiques et des états des lieux nécessaires vont nous permettre d’acquérir une appréhension scientifique et diversifiée de ces images.

Nous voulons également nous intéresser aux formes de rapports entre sciences et industries, aux niveaux régional, national et international, aux clusters, pôles de compétitivité, laboratoires d’excellence, chaires industrielles, laboratoires mixtes entre institutions de la recherche publique et PME ou grandes entreprises….

Nous nous poserons aussi la question des mutations des activités de recherche et d’innovation induites par les collaborations avec les industries. Qu’est-ce que produisent les collaborations ?Quelles modifications des régimes de la propriété industrielle ? Quelles transformations induites dans les laboratoires, dans la manière de produire la science, par les politiques actuelles d’incitation à l’innovation et l’importation de modèles issus du management d’entreprise ?

Le colloque s’adresse aux responsables de collectivités territoriales et d’organismes nationaux qui participent au soutien de la recherche, aux industriels, aux membres d’associations, de syndicats ou de partis qui s’impliquent dans la représentation des intérêts sociaux divers à l’égard de la recherche, aux doctorants, aux chercheurs et aux enseignants-chercheurs et à tous ceux qui considèrent que s’interroger sur les rapports entre sciences et industries est une manière de nouer une confrontation générale sur un secteur d’activité décisif pour notre avenir culturel et économique.